2019-04-ImaginaireGeographique

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L'auteur

Lionel Dupuy, chercheur permanent, co-responsable du Certificat International d’Ecologie Humaine - CIEH / UPPA

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Parution de l'ouvrage "L’imaginaire géographique. Essai de géographie littéraire"

Lionel Dupuy est chercheur au laboratoire Passages, enseignant dans le secondaire et co-responsable du Certificat international d’écologie humaine (CIEH – UPPA). Il publie L’imaginaire géographique. Essai de géographie littéraire, ouvrage tiré de son habilitation à diriger des recherches (HDR) et synthèse de 20 années de travail.

Comment peut-on décrire vos questionnements ?

J’étudie la manière dont les romans mettent en scène des imaginaires géographiques et comment ces derniers alimentent notre représentation du monde. Mes recherches se placent dans la géographie littéraire : à quelles représentations de l’espace et des lieux avons-nous affaire dans certains récits romanesques ? Comment les romans produisent-ils de l’intérieur une géographie autre, alternative, différente de celle que nous pratiquons au quotidien ? J’ai étudié deux romans et un cycle romanesque complet afin de répondre à ces questions : À la Recherche du temps perdu de M. Proust, Le Rivage des Syrtes de J. Gracq et Los pasos perdidos d’A. Carpentier.

Comment étudier la géographie dans ces livres ?

Dans les romans, les lieux ne se réduisent pas uniquement à leur dimension physique et cartographique (ce que l’on appelle en grec le « topos ») ; il faut aussi étudier les différentes représentations dont ils font l’objet dans le récit. Par exemple, Paris n’est pas qu’une ville localisée dans l’espace, réductible à son unique dimension physique ; c’est aussi une capitale qui rayonne à l’échelle mondiale, qui a une histoire, qui véhicule des représentations différentes, où des personnes se croisent et la font exister. Il faut donc étudier aussi, et avant tout, ces différentes représentations, c’est-à-dire la « chôra » des lieux tels que les récits romanesques la mettent en scène.

Comment cela se manifeste-t-il dans les ouvrages que vous étudiez ?

Dans certains romans, le récit décrit comment, avec le temps, certains lieux font l’objet de représentations différentes, parfois opposées : Augustin Berque parle de « chorésie », c’est-à-dire la transformation de la chôra d’un lieu avec le temps. Par exemple, au début de À la Recherche du temps perdu, le personnage principal a une vision discontinue de l’espace. Il parle des « deux côtés de Combray ». Puis sa représentation évolue avec le temps. Il finit par voir ce qui relie les lieux et les personnes. Il a, finalement, une vision continue de l’espace. Il parle alors de « transversales ». Or, le style d’écriture employé illustre aussi cette transformation des représentations, avec l’emploi de figures de rhétorique particulières comme la métaphore, la métonymie, la synecdoque, l’oxymore, ou encore l’hypallage. Ces recherches m’ont conduit à proposer un cadre théorique et conceptuel : le « chronochore ».

Comment pourriez-vous décrire simplement le chronochore ?

Le chronochore s’inspire du « chronotope » de Bakhtine, un théoricien russe de la littérature qui a essayé de rendre compte de la complexité des relations entre l’espace et le temps au sein de certaines fictions romanesques. Mais le chronotope de Bakhtine travaille davantage la question du temps au détriment de l’espace, réduisant souvent les lieux à leur topos. C’est la raison pour laquelle j’ai créé le chronochore qui est la contraction de chronos (le temps) et de chôra. Le chronochore vise à mieux rendre compte des relations qui s’établissent dans un roman entre le sujet (le romancier et/ou le personnage principal), le récit (la narration) et les lieux (envisagés suivant leur topos et leur chôra). Espace et temps y sont donc autrement articulés. L’ambition de cet essai est d’offrir aux enseignants, aux chercheurs, à toutes celles et ceux qui analysent les romans, un cadre conceptuel et théorique sur le fonctionnement de l’imaginaire géographique dans la littérature.

Après cette HDR quels sont les pistes que vous souhaitez à présent exploiter ?

Je souhaite travailler sur d’autres ouvrages pour approfondir les différents aspects du chronochore, par exemple avec des romans dits historiques, comme Notre-Dame de Paris, mais aussi avec la poésie, notamment avec Les Fleurs du mal de Baudelaire. Mais, parallèlement à ce travail d’écriture universitaire, j’ai aussi rédigé trois romans qui forment un triptyque et qui permettent de transmettre autrement les réflexions, les recherches que je mène scientifiquement depuis plusieurs années sur la représentation de l’espace et des lieux dans la littérature. Le premier vient de paraître, les deux autres sortiront dans les mois à venir.

 

  • Commander L’imaginaire géographique. Essai de géographie littéraire
  • Présentation de Lionel Dupuy
  • Contact : lionel.dupuy @ univ-pau.fr

Site internet de Passages : http://www.passages.cnrs.fr/

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