Littératie physique : apprendre à bouger pour la vieRetranscription textuelle de l'épisode du podcast Sciences Ouvertes
Sciences Ouvertes, le podcast dédié aux travaux de recherche de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour
Stéphanie Savariaud
Pour ce nouvel épisode de Sciences Ouvertes, nous nous intéressons aux travaux de Gautier Zunquin, enseignant-chercheur en STAPS au laboratoire MEPS sur le campus d'Anglet. Depuis une quizaine d'années, il travaille sur la prise en charge de l'obésité chez l'enfant et l'adolescent dans le but de développer un meilleur accompagnement de l'activité physique.
Ses travaux ont notamment montré que pour maintenir une activité physique régulière, l'environnement dans lequel vit l'enfant était tout aussi important que l'exercice physique lui-même.
Grâce aux travaux menés avec Charlie Nézondet, doctorant au laboratoire MEPS avec 100 élèves du collège Marracq à Bayonne, en collaboration avec le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et le centre hospitalier, Gautier Zunquin a pu reprendre un concept existant mais peu utilisé, celui de littératie physique.
Gautier Zunquin
Alors la littératie physique c'est la motivation, la confiance, la compétence physique, les connaissances et la compréhension nécessaires pour valoriser et assumer la responsabilité de maintenir une activité physique tout au long de la vie. On sent à travers cette définition que ça va au-delà du sens que l'on confère à son action, où c'est des choses qui sont comprises dedans, mais c'est un peu plus compliqué. Du coup, on a utilisé cette notion de littératie physique qui passe de quelque chose qui est très pédagogique au sens que l'on confère à son action, à un concept beaucoup plus holistique, avec une dimension physique, avec une dimension affective, notamment avec la motivation et la confiance, et puis une dimension cognitive et comportementale à travers les connaissances et la compréhension nécessaires pour poursuivre une activité physique tout au long de sa vie.
Donc là, d'une manière générale, en utilisant ces concepts, on passe progressivement d'une prise en charge qui est très biologique à une prise en charge qui se veut beaucoup plus holistique et qui va s'adapter aux problèmes de l'individu. On passe de la biologie vers, ou alors d'une santé centrée sur le biologique, vers une santé qui est ce qu'on appelle sur le modèle biopsychosocial, donc dans lequel on va avoir des paramètres biologiques, des paramètres psychologiques et des paramètres sociaux.
Et donc, du coup, une prise en charge qui vient par la suite qui va être beaucoup plus globale. Et donc, on va essayer de développer ces différents aspects.
Stéphanie Savariaud
À la fin de ses trois ans de recherche, trois publications ont été réalisées dans des revues internationales indexées, et les travaux de Gautier Zunquin sont une première mondiale. C'est en effet la première fois que sont associés un modèle et le développement de la littératie physique sur les personnes en situation de surpoids et d'obésité. Un modèle qui a également été expérimenté en France avec des partenaires locaux. La mairie d'Anglet a également fait appel à l'équipe de Gautier Zunquin pour mesurer la littératie physique en fonction des travaux effectués dans les cours d'école. Mais Gautier Zunquin est également enseignant, ce qui lui permet de partager ses recherches à l'université.
Gautier Zunquin
C'est important de pouvoir transférer nos connaissances et les nouvelles connaissances vers des applications pratiques. Et puis aussi, c'est passer de ces aspects pratiques vers la formation des futurs enseignants en activité physique adaptée notamment. Donc, moi, je suis responsable de la mention activité physique et santé de la composante STAPS. Et donc, du coup, on transmet aux étudiants ces aspects et notamment, on leur explique les modifications des prises en charge que l'on peut voir. Et notamment les licences, c'est sur l'évaluation. Donc, comment on fait pour évaluer ces paramètres, évaluer les niveaux de littératie ? Comment on fait pour évaluer les niveaux d'activité physique via des accéléromètres ? Comment on mesure les conséquences biologiques des programmes ?
Et puis récemment, cette année en septembre 2025, nous avons ouvert un Master STAPS (sciences et techniques, des activités physiques et sportives, activités physiques adaptées), où là, on va former des personnes sur le management des projets liés à l'activité physique et donc du coup, de savoir appréhender le milieu et donc du coup, d'avoir vraiment une efficacité importante ou plus importante que les prises en charge traditionnelles. En termes de recherche, on a le passage d'une recherche « fondamentale », même si ici elle n'est pas fondamentale parce qu'il n'y a pas de biologie fondamentale, mais une recherche appliquée, à un groupe qui est plutôt restreint, puis passage à des groupes qui sont plus importants, et ensuite comment on transfère en termes de pédagogie.
Et puis il y a un autre volet, c'est le passage aussi à travers des actions que l'on peut mener à l'université. Et donc, nous, nos étudiants, ils sont impliqués dans notamment des actions qui sont menées par l'université, sur les différents campus, qui s'appellent les villages sport santé, où les étudiants que l'on a à Anglet viennent sur les différents campus pour évaluer la santé de leurs pairs. Et donc du coup ça ça se passe dans le cadre bien particulier du Fablab Sport Santé. En fait à l'université en particulier sur le site d'Anglet on a un fablab pédagogique, on développe des innovations pédagogiques et qui est un fablab inclusif, donc qui permet aussi d'inclure des personnes qui ont des situations de handicap et de développer, à travers ça, des évaluations bien particulières. Et donc nos étudiants ils vont dans différents milieux, ils n'ont pas uniquement des connaissances théoriques, mais bien appliquées au milieu.
Donc là, on développe ce type de « transfert » de compétences vers des choses marquées, qui se déroulent à l'université, et puis ça peut aussi se dérouler en dehors de l'université, parce qu'on développe des projets sur notamment l'évaluation de la santé des collaborateurs en entreprise.
Donc les étudiants vont dans des entreprises évaluer la santé des collaborateurs. Et donc du coup, on a des étudiants qui, dans le cadre du fablab, qui vont sur différentes entreprises pour évaluer la santé des collaborateurs en entreprise.
Stéphanie Savariaud
Pour Gautier Zunquin, le modèle qu'il a développé pour améliorer l'activité physique des jeunes n'est pas réplicable en tant que tel, car il diffère en fonction du milieu social, mais aussi des infrastructures présentes dans l'espace dans lequel évolue l'enfant. Et c'est seulement après analyse de ces milieux que des programmes sur mesure pourront être mis en place sur tout le territoire.